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5 facts
L'Art à la Cour de Bourgogne
 






Identifiez-vous: Les ducs de Bourgogne ont utilisé des symboles visuels pour s'identifier et pour montrer leur pouvoir politique. Créez votre propre symbole en utilisant le site Dessinez une Armoirie sur le site internet interactif du Victoria and Albert Museum.  



Organisez votre cours: Utilisez Google Maps pour localiser Dijon, la France et le Musée des Beaux-Arts, qui abrite maintenant le tombeau de Jean sans Peur. Puis localisez les Etats Unis et les musées qui exposent maintenant les pleurants lorsqu'ils voyagent en dehors de la France: New York, Metropolitan Museum of Art; Saint Louis, Missouri, Saint Louis Art Museum; Dallas, Texas, Dallas Museum of Art; Minneapolis, Minnesota, Minneapolis Institute of Arts; Los Angeles, California, Los Angeles County Museum of Art; San Francisco, California, Fine Arts Museums of San Francisco, Legion of Honor; Richmond, Virginia, Virginia Museum of Fine Arts.  



Architecture sublime: Explorez l'architecture des Cathédrales Françaises gothiques dans la série des vidéos de CNN Millennium #2-3 France: Cathédrales européennes du douzième siècle (années 1100).  



Chef-d'œuvre monumental: Le successeur de Jean sans Peur, Philip le Bon, a commémoré la mémoire de son pére en commandant l'achévement du tombeau orné de Jean. Comment est-ce que les Américains commémorent des figures historiques importantes ou des chefs? Utilisez Internet pour trouver des exemples à la fois similaires et différents du tombeau de Jean sans Peur.  



Art sous siège: Durant la Révolution Franŋaise, des œuvres d'art irremplaçables ont été détruites à cause de leur relation avec la monarchie française. L'art continue à être abîmé et perdu en période de guerre. Utilisez Internet afin de rechercher l'art qui a été perdu durant la guerre en Afghanistan et Iraq et durant la Seconde Guerre Mondiale.  



Mémoriaux et mémoire: Explorez la série ArtsConnectEd Art Collector pour voir des mémoriaux créés par des artistes de différentes cultures pour commémorer des chefs, des événements importants et des personnes qui sont mortes. Utilisez cette série pour faire des comparaisons entre les mémoriaux et discutez les valeurs qu'ils représentent. Cliquez sur ici pour accéder à la série. Cliquez sur ici pour apprendre la fonction Art Collector de ArtsConnectEd.  



Cher Journal Intime: Recherchez la vie quotidienne d'une personne qui vit au Moyen-Age en France. Utilisez la liste de suggestions de lecture ou la bibliothèque de votre école. Ecrivez un extrait de journal intime du point de vue de votre personnage imaginaire et incluez des descriptions détaillées de repas, de vêtements, d'occupation, d'habitation, etc. Soyez libres d'illustrer votre extrait de journal d'un autoportrait ou d'une photographie de la ville où votre personnage habite.  



Connexions interculturelles: Dans toutes les cultures, la mort est représentée en art. Explorez ce thème dans la série des vidéos sur internet de WNET.ORG L'Art à travers le temps: une vue globale .  



Soyez Prêts pour explorer des détails: Découvrez chaque pleurant de Dijon séparément et individuellement à travers des superbes photographies de 360 degrés en trois dimensions sur le site internet du French Regional American Museum Exchange Les Pleurants: Sculptures funéraires de la Cour of Bourgogne .  



Explorez plus: Plus de ressources sont disponibles à travers le French Regional & American Museum Exchange (FRAME) y compris des idées d'activités et des PDFs. Cliquez surici pour accéder à des programmes supplémentaires pour l'exposition "Les Pleurants" financés par la Fondation Annenberg.  



Plannifiez une visite: "Les Pleurants: Sculptures funéraires de la Cour de Bourgogne" sera présentée au Minneapolis Institute of Arts du 23 janvier au 17 April 2011 à la Galerie 340. L'entrée est gratuite!  



Liste de lecture pour étudiants:

Bordessa, Kris. Great Medieval Projects You Can Build Yourself Chicago: Nomad Press, 2008.

Elliott, Lynne. Clothing in the Middle Ages. The Medieval World. New York: Crabtree Publishing, 2004.

Langley, Andrew. Medieval Life. Rev. ed. Eyewitness Books. New York: DK Publishing, 2004.

Macaulay, David. Cathedral: The Story of Its Construction. New York: Houghton Mifflin, 1973.

Olmsted, Jennifer. Art of the Middle Ages. Art in History. Chicago: Heinemann Library, 2006.  



Liste de lecture pour enseignants:

Fliegel, Stephen N., Sophie Jugie, and Virginie Barthélémy. Art à la Cour de Bourgogne: le Patronage de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur, 1364-1419. Dijon: Musée des Beaux-Arts; Cleveland: Cleveland Museum of Art; Paris: Réunion des Musées Nationaux, 2004.

Jugie, Sophie. The Mourners: Tomb Sculptures from the Court of Burgundy. Dallas: FRAME/The French/Regional/American Museum Exchange; Dijon: Musée des Beaux-Arts; in association with Yale University Press, New Haven and London, 2010.

Moffitt, John F. "Sluter's Pleurants and Timanthes' Tristitia Velata: Evolution of and Sources for a Humanist Topos of Mourning." Artibus et Historiae, no. 51 (2005): 73-84.

Vaughan, Richard. John the Fearless and the Growth of Burgundian Power. Woodbridge, Suffolk, UK: Boydell Press, 2002. First published 1966 by Longman.  

January 2011


Pouvoir médiéval et politique
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier<br><i>Tombeau de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière</i>, 1443-70<br>marbre noire, pierre peinte noire, partiellement polychrome et marbre doré<br>© Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier
Tombeau de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière, 1443-70
marbre noire, pierre peinte noire, partiellement polychrome et marbre doré
© Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay

 


Durant la période médiévale, un territoire connu sous le nom Duché de Bourgogne était blotti entre les régions gouvernées par la France et les terres du Saint-Empire Romain. Il était appelé "duché" parce qu'il était gouverné par un duc. De 1363 jusqu'en 1477, les ducs de Bourgogne provenaient d'une branche de la famille royale Française appelée les Valois. Afin de rester puissants et indépendants, ils se servaient de mariages, de batailles, d'alliances et d'assassinats. Durant le chaos de la Guerre des Cent Ans, lorsque les Français et les Anglais se sont battus entre eux, les ducs de Bourgogne ont élargi leur territoire.

Des œuvres d'art et d'architecture sublimes ont fait de la cour de Bourgogne un centre culturel plus impressionnant que la cour de France. Embaucher des artistes pour créer des œuvres d'art merveilleuses était pour les ducs de Bourgogne une manière importante de proclamer leur droit au pouvoir.

Philippe le Bon, duc de Bourgogne entre 1363 et 1404, a démontré sa piété religieuse et sa richesse en faisant bâtir une église et un monastère et en les remplissant d'œuvres d'art. Le fils de Philippe, Jean sans Peur, qui a régné de 1404 jusqu'en 1419, a continué la tradition des commandes artistiques. A part la démonstration de sa richesse, cela a renforcé son pouvoir politique et sa position à la tète du pays. Jean voulait avoir un tombeau (montré ici) similaire à celui de son père en style et en artisanat, afin que sa famille apparaisse comme une série de régents forts et bien établis.


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1. Des matériaux riches et des artisans doués montrent la richesse et le statut de Jean sans Peur, ainsi que l'armure et les vêtements luxueux de son image tombale sculptée, ou effigie.
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier, Tombeau de Jean sans peur et de Marguerite de Bavière (détail), 1443-70, marbre noir, pierre peinte noire, partiellement polychrome et marbre dor é. © Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay
2. Ce dessin illustre la Chartreuse de Champmol, l'église et le monastère construits par Philippe le Bon.
Aimé Piron, Vue de la Chartreuse de Champmol, 1686, Bibliothèque Municipale, Dijon
3. Louis d'Orléans, le cousin de Jean sans Peur, a ét é tué dans un attentat pour prendre le contrôle de la France.
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier, Tombeau de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière (détail), 1443-70, marbre doré et polychrome. © Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay

 

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Gouverner par la religion
Aimé Piron<br><i>Vue en perspective de la Chartreuse de Champmol</i>, 1686<br>Bibliothèque Municipale de Dijon
Aimé Piron
Vue en perspective de la Chartreuse de Champmol, 1686
Bibliothèque Municipale de Dijon

 


Pour les régents du Moyen Age, la religion était à la fois personnelle and politique. Ils prétendaient que leur pouvoir était un droit donné par Dieu. En fondant des églises, en employant des moines et en embauchant des artistes pour remplir les nouvelles chapelles et les monastères avec de l'art religieux, les ducs de Bourgogne démontraient à la fois leur piété et leur droit de gouverner. Ils ont commandé des œuvres d'art afin d'assurer leur propre salut après leur mort et afin de renforcer le pouvoir et la grandeur de la famille des Valois sur terre.

Etant donné que la plupart des gens ne pouvaient pas assisterà la liturgie quotidienne ou participerà des pèlerinages lointains, la dévotion privée est devenue commune. Des messes officielles étaient organisées pour des occasions spéciales. De plus en plus souvent, les riches commandaient des œuvres d'art pour l'église au lieu de donner de l'argent. L'achat et la contemplation d'images religieuses et de sculptures étaient considérées aussi valables qu'un pèlerinage ou le fait d'aller à l'église. Ce changement vers des commandes a promu la production artistique en Bourgogne.

Les ducs de Bourgogne ont commandé de l'art qui affirmait leur pouvoir. Philippe le Hardi et Jean sans Peur ont construit et soutenu la Chartreuse de Champmol, un monastère de moines de l'ordre des Chartreux, qui priaient constamment pour les ducs de Bourgogne, leurs femmes et leurs enfants. La commande la plus importante de Jean sans Peur fut son propre tombeau. Sous les effigies (images tombales) du duc et de la duchesse, un cortège d'environ quarante pleurants sculptés marchent dans une procession funéraire traditionnelle.


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1. Les moines de l'ordre des Chartreux vivaient dans des cellules silencieuses et priaient pour les ducs de Bourgogne.
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier, Pleurant numéro 50, 1443-70, alb âtre. © Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay
2. La décoration des églises médiévales inspirait le respect de la gloire de Dieu et des arches pointues portaient le regard vers le paradis.
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier, Tombeau de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière (détail), 1443-70, albâtre. © Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay
3. Des anges entourent les figures de Jean sans Peur et de sa femme.
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier, Tombeau de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière (détail), 1443-70, marbre partiellement polychrome et doré. © Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay

 

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Mort et rituel
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier<br><i>Pleurants du tombeau de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière</i>, 1443-70<br>Albâtre<br>© Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier
Pleurants du tombeau de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière, 1443-70
Albâtre
© Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay

 


La royauté médiévale française avait droit à des funérailles élaborées qui duraient pendant plusieurs jours. Les cérémonies commençaient la nuit avant l'enterrement, avec des vigils et des psaumes. Le lendemain, les funérailles principales avaient lieu, puis le cercueil était descendu dans un caveau. Les funérailles de Jean sans Peur ont été suivies par un festin. D'habitude les femmes n'étaient pas présentes aux funérailles princiéres. Cependant, à la demande de la duchesse de Bourgogne, les funérailles de Jean ont été répétées le lendemain pour les dames de la cour.

Les sculptures du tombeau de Jean sans Peur représentent le cortége funébre traditionnel d'une personne d'un haut rang social. D'abord arrivait le clergé - un prêtre, deux garçons de chœur, un porteur de croix, un diacre, un évêque, trois chantres et deux moines - puis le cercueil et la famille et le successeur du duc. Ils étaient suivis par des porteurs de torches et des officiers de la cour et de la noblesse et, finalement, par des gens représentant les villes gouvernées par le duc défunt. Comme ils portent des vêtements de deuil noirs, les pleurants auraient tous eu la même apparence, mis à part leurs livres de prère dorés, leurs chapelets ou leurs croix.

L'évocation minutieuse de la procession des pleurants et la quantité d'espace qui lui est accordée sur le tombeau montrent l'importance de ce rituel de deuil. Même dans la mort, les ducs de Bourgogne ont utilisé l'art et l'architecture pour proclamer leur importance politique, leur pouvoir donné par Dieu et leur piété religieuse.


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1. Les armoiries du duc apparaissent au dos de ce siége. Le même motif aurait embelli le tissu noir et doré qui serait suspendu sur le cercueil.
Jean de Liège, Dos de siège avec armoiries de Jean sans Peur, 1399-1400, chêne, © Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay
2. Leurs robes dissimulent la richesse et le rang des ceux qui participent au cortège.
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier, Pleurant numéro 56, 1443-70, albâtre. © Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay
3. Le chapeau, le bâton pastoral et les robes liturgiques indiquent que cette figure est un évêque.
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier, Pleurant numéro 45, 1443-70, albâtre. © Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay

 

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La main de l'artiste
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier<br><i>Pleurant numéro 52</i>, 1443-70<br>Albâtre<br>© Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier
Pleurant numéro 52, 1443-70
Albâtre
© Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay

 


Durant le règne de Philippe le Bon, un style artistique connu sous le nom Gothique International a été développé en Bourgogne et dans une grande partie de l'Europe. Ses formes plates et linéaires étaient élégantes, délicates et décoratives. Le mariage de Philippe avec Marguerite, comtesse de Flandres, a étendu son pouvoir aux territoires flamands et a aussi apporté des changements importants à l'art bourguignon. La solidité et le réalisme qui caractérisaient l'art flamand ont été combinés avec le Gothique International.

L'Art était produit dans des ateliers gérés par un maître artiste. A la tête de l'atelier d'art ducal, Philippe a choisi l'artiste hollandais Claus Sluter. Le style réaliste de Sluter est devenu la marque de l'art fait à Dijon, capitale de la Bourgogne. Attention aux détails, sujets de la vie quotidienne, naturalisme et décoration très ornée sont typiques du "style de Dijon". Les figures sont vêtues dans des draperies volumineuses qui communiquent l'émotion, comme dans les sculptures des pleurants. Sluter a esquissé des plans pour le tombeau de Philippe le Bon mais il est mort aprés avoir sculpté seulement une petite partie de celui-ci. Son neveu, Claus de Werve, a complété le tombeau, en utilisant le dessin de Sluter.

Le fils de Philippe, Jean sans Peur, désirait un tombeau comme celui de son pére, dans le style de Claus Sluter. Le sculpteur Jean de la Huerta a travaillé sur le tombeau pendant des années, mais ensuite il a soudainement quitté la ville. Antoine Le Moiturier lui a succédé et a fini les statues. Le tombeau de Jean a finalement été installé en 1470, plus que cinquante années après sa mort! Même si de nombreuses sculptures du tombeau de Jean sans Peur sont des copies de celles du tombeau de Philippe le Hardi, il y a des légéres différences, dues à la main de l'artiste.


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1. Cette peinture religieuse présente des caractéristiques du style Gothique International.
Nardo di Cione, Madonne debout avec Enfant, 1350-60, détrempe sur bois, Minneapolis Institute of Arts, legs de Miss Tessie Jones à la mémoire de Herschel V. Jones
2. Même si nous ne pouvons pas affirmer avec certitude quel artiste a sculpté chaque statue, les figures de Jean de la Huerta ont tendance à être corpulentes, avec des visages modelés dramatiquement et une suggestion de mouvement dans l?étoffe drapée.
Jean de la Huerta, Antoine Le Moiturier, Pleurant numéro 55, 1443-70, albâtre. © Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay
3. Une position décontractée, une draperie statique, des traits de visage délicats et des expressions solennelles caractérisent souvent les pleurants d?Antoine Le Moiturier.
Jean de la Huerta, Antoine Le Moiturier, Pleurant numéro 48, 1443-70, alb âtre. © Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay

 

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Un legs durable
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier<br><i>Tombeau de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière</i>, 1443-70<br> Marbre noire, pierre peinte noire, partiellement polychrome et marbre doré<br>© Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier
Tombeau de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière, 1443-70
Marbre noire, pierre peinte noire, partiellement polychrome et marbre doré
© Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay

 


Environ quatre cents ans après la fondation de la Chartreuse de Champmol par Philippe le Hardi, une bonne partie du monastère et des parties de ses tombeaux ont été détruits pendant la Révolution Française. En détruisant l'art en rapport avec la royauté, le peuple s'est débarrassé des rappels des souverains qu'ils avaient supprimés. Malheureusement, un fin exemple d'art bourguignon à son sommet a été perdu à jamais.

Heureusement, les tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur ont été pour la plupart épargnés, même si leurs portraits sculptés ont été sérieusement endommagés. Grâce à quelques personnes qui ont caché ce qu'elles pouvaient, tous les anges et les pleurants ont été sauvés de la destruction, mais seize pleurants ont disparu. Au dix-neuviéme siécle, des reproductions des statues manquantes ont été cré ées pour remplacer les originaux. Finalement, quelques pleurants ont été trouvés dans des musées et des collections privées (seulement trois ne sont toujours pas localisées) et la plupart ont été renvoyés dans leurs niches sur les tombeaux. Maintenant, à cause du fait que le Musée de Dijon en France rénove la galerie où les tombeaux sont conservés, les pleurants voyagent dans différents musées aux Etats-Unis, y compris au Minneapolis Institute of Arts.

Les pleurants sont des exemples merveilleux d'art médiéval tardif. Dessinés par le grand sculpteur néerlandais Claus Sluter, leurs visages individualisés, leur draperie expressive et les démonstrations convaincantes de douleur montrent un réalisme nouveau. Ces figures ont une humanité qui permet aux spectateurs de se rattacher aux thèmes de rituel, de religion, de pouvoir et de deuil.


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1. Ces pleurants de remplacement du dix-neuvième siècle ont été créés comme des portraits d'hommes qui surveillent la restauration des tombeaux.
Joseph Moreau, Pleurants Néo-Gothiques (portraits de Claude Saint-Père, Févret de Saint-Mémin, Joseph Moreau et Marion de Semur), dix-neuvième siècle, albâtre. © Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay
2. Les pleurants sont sculptés en ronde-bosse, un changement important par rapport aux figures en bas-relief des tombeaux similaires de cette époque. Ce cercueil conjugal italien est un exemple de sculpture en bas-relief.
Baldassare degli Embriachi, Cercueil de mariage, vers 1395-1406, os, bois et bronze. Minneapolis Institute of Arts, fonds John R. Van Derlip
3. Une des rares parties de la Chartreuse de Champmol qui a échappé à la destruction a été le Puits de Moïse, un autre exemple du réalisme nouveau que Claus Sluter a apporté à l'art bourguignon.
Claus Sluter, Claus de Werve et leur atelier, Le Puits de Moïse, 1396-1405, pierre calcaire, C.H.S. de la Chartreuse, Dijon

 

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