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L'Art à la Cour de Bourgogne



Un legs durable
Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier<br><i>Tombeau de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière</i>, 1443-70<br> Marbre noire, pierre peinte noire, partiellement polychrome et marbre doré<br>© Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay
  Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier
Tombeau de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière, 1443-70
Marbre noire, pierre peinte noire, partiellement polychrome et marbre doré
© Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay

 

Environ quatre cents ans après la fondation de la Chartreuse de Champmol par Philippe le Hardi, une bonne partie du monastère et des parties de ses tombeaux ont été détruits pendant la Révolution Française. En détruisant l'art en rapport avec la royauté, le peuple s'est débarrassé des rappels des souverains qu'ils avaient supprimés. Malheureusement, un fin exemple d'art bourguignon à son sommet a été perdu à jamais.

Heureusement, les tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur ont été pour la plupart épargnés, même si leurs portraits sculptés ont été sérieusement endommagés. Grâce à quelques personnes qui ont caché ce qu'elles pouvaient, tous les anges et les pleurants ont été sauvés de la destruction, mais seize pleurants ont disparu. Au dix-neuviéme siécle, des reproductions des statues manquantes ont été cré ées pour remplacer les originaux. Finalement, quelques pleurants ont été trouvés dans des musées et des collections privées (seulement trois ne sont toujours pas localisées) et la plupart ont été renvoyés dans leurs niches sur les tombeaux. Maintenant, à cause du fait que le Musée de Dijon en France rénove la galerie où les tombeaux sont conservés, les pleurants voyagent dans différents musées aux Etats-Unis, y compris au Minneapolis Institute of Arts.

Les pleurants sont des exemples merveilleux d'art médiéval tardif. Dessinés par le grand sculpteur néerlandais Claus Sluter, leurs visages individualisés, leur draperie expressive et les démonstrations convaincantes de douleur montrent un réalisme nouveau. Ces figures ont une humanité qui permet aux spectateurs de se rattacher aux thèmes de rituel, de religion, de pouvoir et de deuil.


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1. Ces pleurants de remplacement du dix-neuvième siècle ont été créés comme des portraits d'hommes qui surveillent la restauration des tombeaux.
Joseph Moreau, Pleurants Néo-Gothiques (portraits de Claude Saint-Père, Févret de Saint-Mémin, Joseph Moreau et Marion de Semur), dix-neuvième siècle, albâtre. © Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay
2. Les pleurants sont sculptés en ronde-bosse, un changement important par rapport aux figures en bas-relief des tombeaux similaires de cette époque. Ce cercueil conjugal italien est un exemple de sculpture en bas-relief.
Baldassare degli Embriachi, Cercueil de mariage, vers 1395-1406, os, bois et bronze. Minneapolis Institute of Arts, fonds John R. Van Derlip
3. Une des rares parties de la Chartreuse de Champmol qui a échappé à la destruction a été le Puits de Moïse, un autre exemple du réalisme nouveau que Claus Sluter a apporté à l'art bourguignon.
Claus Sluter, Claus de Werve et leur atelier, Le Puits de Moïse, 1396-1405, pierre calcaire, C.H.S. de la Chartreuse, Dijon

 

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January 2011